.

Qui sommes-nous et pourquoi sommes-nous là? Qui nous a façonné et pour quelles raisons? Nous évoluons dans un univers dans lequel nous sommes projetés après l'union de deux cellules .Nous sommes l'étrange hasard d'une loterie génétique. Un ensemble bringuebalant de chromosomes. Un brin d'acide désoxyribonucléique dupliqué à l'infini, censé être la preuve indéniable, la condition à laquelle on ne peut souscrire de notre existence. Nous atterrissons dans un vaste néant que nous avons façonné de grandes vérités universelles imprescriptibles. Comme si nous avions construit une immense ville industrielle sur le sable d'un désert. Dès lors nous formatons l'esprit de nos successeurs, leur léguant un ensemble de signes et de lettres pouvant exprimer leur pensées, une infinité de nombres pour calculer des choses qui n'existent pas. Après 9 mois à peine, nous leur dictons tout ce qui est vrai, et tout ce qui est faux. Ce qui est bien et ce qui ne l'est pas. Ce qui est beau, et ce qui ne l'est pas. Nous nous reposons sur des principes bien acquis qui n'ont que leur sens qu'ont leur a donné. Aussi solides et immobiles que le souffle du vent. Nous sommes persuadés de vivre comme il le faut, alors que nous avançons à l'aveuglette dans un rêve éveillé peuplé de nos semblables, des personnages fantasmagoriques sans consistance réelle. Des enveloppes de papier vides. Nous restons groupés dans un faux souci de solidarité qui n'est en fait que la crainte d'être seul. Alors nous restons ensemble, il fait trop froid et trop sombre quand il n'y a personne d'autre que notre conscience qui nous parle. Et puis on discute du temps, de la politique, de la guerre et du SIDA, sachant pertinemment que personne ne nous comprend et qu'on restera toute la durée de notre vie, coincée dans une peau que nous n'avons pas choisis. Nous sommes un assemblement de chaire et de sang et de 22g d'esprit, un esprit cloîtré derrière les verrous de nos pensées. Derrière notre carte d'identité génétique qui régit notre apparence, se cache cet esprit, qui au delà des tissus organiques qui nous constituent, est la représentation de ce que nous sommes, vraiment. Entre nous, nous pouvons nous toucher, mettre en contact les paumes de nos mains, jamais nos âmes ne se toucheront, ce qui nous condamne à une incompréhension mutuelle éternelle.

Peut on comprendre autrui?

Non, on ne comprendra jamais autrui, car autrui est un être physique. Même si ce dernier tente de mettre au grand jour ses pensées grâce au langage, jamais nous ne seront mis face à l'être psychologique qu'il est avant tout et que nous cherchons à comprendre.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]
# Posté le dimanche 18 mai 2008 10:44

. There's a place for us, you know the movie song?

. There's a place for us, you know the movie song?
Du sel plein les cheveux, les yeux qui piquent encore. La peau qui a bruni au soleil et du sable entre les doigts. Les vestiges d'une journée géniale en apparence. Tout avait bien commencé pourtant. Cette complicité que j'appréciais particulièrement quand elle revenait de ses périodes d'absence. Cette impression d' être sur la même longueur d'ondes, de nouveau. Le simple sentiment que tout allait bien, qu'il n'y avait pas à s'inquiéter, que j'avais une alliée à mes côtés dont je ne pouvais douter de la fidélité.

Ce qui rend les relations difficiles entre les gens, c'est qu'on ne peut s'empêcher de voir celui avec qui on parle comme un personnage précis, avec son texte et ses répliques, le rôle qu'il est censé tenir, toujours le même.

Du sel plein les cheveux, les yeux qui piquent encore. D'avoir pleuré cette fois. Qu'est-il-arrivé au script? Qui a à ce point modifié le texte? Qui a osé s'attaquer à ma pièce de théâtre? Je ne rêve pas pourtant, j'ai les pieds posés sur les planches. Le rideau rouge se déchire, le décors en carton pâte tombe en morceaux.

Cette sale impression poisseuse d'être prise dans une sale embrouille. Ai-je mal compris? Mal interprété la situation? C'est trop tard pourtant. Le personnage en face de moi, avec son texte et ses répliques, s'est sacrement gourré. Il tout inversé, tout changé, sur la scène de l'amitié. Et que faire? que faire quand son actrice préférée rejoue Roméo et Juliette dans les coulisses, quand elle pense que vous ne le regardez pas?

La solution serait peut-être d'oublier le rôle qu'on lui attribuait, arracher son étiquette de personnage principal, faire un scandale devant les spectateurs? Ou faut il simplement improviser, faire de notre pièce ratée un chef d'oeuvre sur le pouce?

Bizarrement, dans l'histoire de ma vie, ta place est trop grande pour que je barre au marqueur noir tes répliques, que je gribouille rageusement ton nom au début du livre.Il n'est pas trop tard pour tout rattraper. J'ai besoin d'entendre la vérité vraie, de ta bouche.

La prochaine fois, je penserai au souffleur .
# Posté le samedi 12 avril 2008 13:49

La différence entre le fond et la forme, tu sais ce que c'est toi?

La différence entre le fond et la forme, tu sais ce que c'est toi?
Elle rangeait tout, depuis toujours, dans l'immense armoire de ses pensées. Méthodiquement,quotidiennement, chaque souvenir se plaçait dans un tiroir précis et y restait. Il y avait les vieux tiroirs, ceux du fond, ou se relèguent les souvenirs d'enfance, qui sentent la barbe à papa et sonnent aux oreilles comme la mélodie d'une boîte à musique. Il y avait le soleil, les vacances et l'insouciance.Le bruit d'une balançoire dans le vent. Plus haut, c'était la place des années collège. Le vacarme d'une cours de récréation,les bêtises à répétition, qu'on fait sans en avoir vraiment envie. L'odeur de l'encre et du papier, le tableau noir et la craie. Ces souvenirs là, furtifs, fuyant, tapaient de toute leur force contre les parois. Un tout petit peu plus bas, s'installaient les années lycée.Volcaniques, mélodramatiques et explosifs. Il y avait dans ce tiroir les amitiés qui se font et se défont, les fous rires incontrôlables, les cigarettes fumées en cachette, les larmes de crocodile, et puis les larmes, les vraies, aussi; ça sentait la vodka, la pluie, et les baisers volés. Ces souvenirs là étaient entre autres ceux des premières expériences. Mais ils étaient surtout ceux de la prise de conscience. Qu'on allait grandir, et que tout ça, ça s'rait bientôt fini. Et puis, il y avait le tiroir en vrac. Ce n'était pas une poubelle,mais pas non plus une vrai catégorie. C'était le tiroir du je ne sais pas. Comme une sorte de corbeille dans laquelle on jette des papiers froissés, mais qu'on ne vide jamais. Les souvenirs sont les pièces de l'immense puzzle qui forment l'esprit humain. Ils rentrent en nous inoxérablement, et laissent leur trace indélébile. Ils sont nos réactions, nos envies, nos peurs et nos doutes. Ils sont la manière dont on agit. Ils sont ce qui font continuer d'exister quelque chose d'achevé depuis longtemps. Mais parfois, un souvenir dérange. C'est ce bout d'on ne sait quoi qui n'appartient plus au présent, mais qui n'est pas passé non plus. Alors il stagne, perdu quelque part dans les méandres tortueuses de l'esprit, entre l'allée des souvenirs, et la rue de l'actuel. On aimerait l'extirper de là,il occupe trop de place. C'est lui qui assombrit les jours de beau temps et fait sonner faux les rires.
# Posté le vendredi 15 février 2008 15:11
Modifié le mardi 08 avril 2008 16:27

.

“Every storm brings with it hope , that somehow in the morning everything will be made clean again, and even the most troubling stain will have disappeared...So we wait for the storm to pass, hoping for the best. Even thought we know in our hearts, some pains are so indelible, nothing can wash them away”



Cette masse de nuage blanche et opaque obstrue le ciel comme un chewing-gum collé à la couche d'ozone.
J'essaie d'me souvenir comment j'y arrivais avant. J'me souviens plus, ça me paraît juste à des kilomètres.
Et j'aimerai être quelqu'un d'autre, autre part. Inventer une nouvelle moi.
C'est le genre de choses que l'on ne peut expliquer que quand on est en train de le vivre. Pas après, ni avant.Juste pendant. Au départ, c'est un peu comme un coup d'couteau. Le genre de trucs qui fiche un choc quoi.On a l'impression qu'on tombe à cent à l'heure dans un puit sans fond. Une douleur mordante, franche, dure. Une douleur qui choque. On reste là, les yeux ouverts, mais on ne voit plus rien. On finit par tomber par terre, hébété. On s'attend à ce que notre vie défile devant nos yeux, comme si on allait mourir. Pourtant rien ne bouge. C'est là le moment atroce où on réalise que l'on ne va pas mourir, qu'on est pas non plus en train de rêver. La réalité est là, présente et brutale. Cette douleur est la toute première. C'est l'état de choc. Vient ensuite la seconde douleur. On ne sait pas comment soigner la blessure laissée par ce coup de couteau, et la plaie s'infecte. Pénible, lancinante. Cette douleur là fait garder les yeux ouverts la nuit, quand on se repasse le film de sa relation, pour la millionième fois dans notre tête. Qu'est ce que j'ai fait? Où est ce que je me suis trompé? Pourquoi pourquoi pourquoi? Alors on sort, on se lance dans un milliard d'activités, tout ce qui pourrait nous empêcher de penser à lui. On se découvre des passions, pour le cinéma japonais ou la cuisine russe. On se met à la peinture ou au théâtre. On change de tête. On se regarde dans le miroir et on réapprend à sourire, à avoir l'air heureuse, sans lui. Mais le soir, quand on s'retrouve seule dans nos draps, la douleur revient sournoisement. Elle frappe brutalement. Et on recommence. Pourquoi, pourquoi pourquoi? Les jours passent, les mois parfois. On connaît un milliard d'états différents. Mais cette douleur, cette putain de douleur reste. Elle s'accroche comme une sangsue. On a tout essayé pourtant pour que la plaie cicatrise. On se bat chaque seconde de notre vie pour qu'elle disparaisse, et on se sent presque frustré par tant d'impuissance. Et puis tout doucement, on rencontre d'autres personnes, des gens qui voit en nous quelqu'un d'intéressant. Alors mine de rien, on se sent intéressant. On se sent exister. On découvre un endroit différent où on a le droit d'être quelqu'un d'autre, quelqu'un dont le coeur n'est pas brisé. Bizarrement, on commence à voir des films japonais et à faire de la cuisine russe sans se forcer. On est plus celle qui se contente de ce qu'elle peut avoir,à défaut d'obtenir ce qu'elle veut vraiment. Non, on est un être humain à part entière, on est plus le second rôle qui envie l'héroine de l'histoire.Tout ce qui nous dévorait littéralement de l'intérieur avant nous paraît dérisoire, parce qu'on vient de réaliser à quel point le bonheur était accessible si on se donnait la peine de se le permettre, si on refusait de subir ce qu'on ne méritait pas. Et puis finalement, on se réveille un matin. Et là on sourit. Sincèrement, sans avoir besoin de se dire qu'il faut avoir l'air heureuse. On sourit parce que là tout de suite, à l'instant présent, il n'y a plus qu'une toute petite et insignifiante cicatrice à l'endroit ou un an avant...

J'attend juste ce moment avec impatience.

Personne ne mérite ça, pas même moi, j'aimerai hurler à la terre entière à quel point t'es juste le pire enculé, à quel point t'as réussi à me briser le coeur. J'attend le jour où je pourrais enfin ouvrir les yeux et te regarder comme la personne que tu es vraiment, celle qui a réussi à détruire la fille qu'il était censé aimer.
# Posté le mercredi 30 janvier 2008 08:04
Modifié le vendredi 01 février 2008 11:15

WE WISH YOU A MERRY CHRISTMAS

Ce blog n'a plus lieu d'être, du moins pour le moment, et je m'en excuse. Ici ne viendront plus s'échouer mes textes, peut être pour toujours, peut être pour un certain temps. Je dois démêler certaines choses, et j'ai besoin de pouvoir m'exprimer librement, sans que la peur d'être lue par certaines personnes précises n'altère ce que je veux réellement dire. Je le laisse, en ruine ,en suspens. J'ai besoin d'un réel exutoire et non pas d'un endroit ou caser de jolis choses qui font sourire les gens. Ecrire n'est pas juste un loisir, c'est mon remède miracle pour me débarrasser de toute sensation ou sentiment négatif. Transformer mes maux en mots. Ah ils ont l'air moins malins comme ça hein? C'est aussi un moyen de clarifier ce que je pense. Au fil des lettres, ce que je ressent se concrétise, et quand parfois je n'sais plus très bien ce que je veux ou pense, je trouve la solution en écrivant et en relisant mon texte juste après. Bref c'est simplement vital, j'en ai besoin, mais je ne peux plus écrire ici .Je dois me taire sur certains évènements afin de couvrir les personnes concernées. Et puis j'en ai marre d'avoir à sans cesse justifier ou édulcorer ma pensée simplement parce qu'elle est trop crue et personnelle pour être lue par autre que moi . A bientôt, who knows?
# Posté le mardi 25 décembre 2007 16:37
Modifié le mardi 25 décembre 2007 17:29