“Every storm brings with it hope , that somehow in the morning everything will be made clean again, and even the most troubling stain will have disappeared...So we wait for the storm to pass, hoping for the best. Even thought we know in our hearts, some pains are so indelible, nothing can wash them away”
Cette masse de nuage blanche et opaque obstrue le ciel comme un chewing-gum collé à la couche d'ozone.
J'essaie d'me souvenir comment j'y arrivais avant. J'me souviens plus, ça me paraît juste à des kilomètres.
Et j'aimerai être quelqu'un d'autre, autre part. Inventer une nouvelle moi.
C'est le genre de choses que l'on ne peut expliquer que quand on est en train de le vivre. Pas après, ni avant.Juste pendant. Au départ, c'est un peu comme un coup d'couteau. Le genre de trucs qui fiche un choc quoi.On a l'impression qu'on tombe à cent à l'heure dans un puit sans fond. Une douleur mordante, franche, dure. Une douleur qui choque. On reste là, les yeux ouverts, mais on ne voit plus rien. On finit par tomber par terre, hébété. On s'attend à ce que notre vie défile devant nos yeux, comme si on allait mourir. Pourtant rien ne bouge. C'est là le moment atroce où on réalise que l'on ne va pas mourir, qu'on est pas non plus en train de rêver. La réalité est là, présente et brutale. Cette douleur est la toute première. C'est l'état de choc. Vient ensuite la seconde douleur. On ne sait pas comment soigner la blessure laissée par ce coup de couteau, et la plaie s'infecte. Pénible, lancinante. Cette douleur là fait garder les yeux ouverts la nuit, quand on se repasse le film de sa relation, pour la millionième fois dans notre tête. Qu'est ce que j'ai fait? Où est ce que je me suis trompé? Pourquoi pourquoi pourquoi? Alors on sort, on se lance dans un milliard d'activités, tout ce qui pourrait nous empêcher de penser à lui. On se découvre des passions, pour le cinéma japonais ou la cuisine russe. On se met à la peinture ou au théâtre. On change de tête. On se regarde dans le miroir et on réapprend à sourire, à avoir l'air heureuse, sans lui. Mais le soir, quand on s'retrouve seule dans nos draps, la douleur revient sournoisement. Elle frappe brutalement. Et on recommence. Pourquoi, pourquoi pourquoi? Les jours passent, les mois parfois. On connaît un milliard d'états différents. Mais cette douleur, cette putain de douleur reste. Elle s'accroche comme une sangsue. On a tout essayé pourtant pour que la plaie cicatrise. On se bat chaque seconde de notre vie pour qu'elle disparaisse, et on se sent presque frustré par tant d'impuissance. Et puis tout doucement, on rencontre d'autres personnes, des gens qui voit en nous quelqu'un d'intéressant. Alors mine de rien, on se sent intéressant. On se sent exister. On découvre un endroit différent où on a le droit d'être quelqu'un d'autre, quelqu'un dont le coeur n'est pas brisé. Bizarrement, on commence à voir des films japonais et à faire de la cuisine russe sans se forcer. On est plus celle qui se contente de ce qu'elle peut avoir,à défaut d'obtenir ce qu'elle veut vraiment. Non, on est un être humain à part entière, on est plus le second rôle qui envie l'héroine de l'histoire.Tout ce qui nous dévorait littéralement de l'intérieur avant nous paraît dérisoire, parce qu'on vient de réaliser à quel point le bonheur était accessible si on se donnait la peine de se le permettre, si on refusait de subir ce qu'on ne méritait pas. Et puis finalement, on se réveille un matin. Et là on sourit. Sincèrement, sans avoir besoin de se dire qu'il faut avoir l'air heureuse. On sourit parce que là tout de suite, à l'instant présent, il n'y a plus qu'une toute petite et insignifiante cicatrice à l'endroit ou un an avant...
J'attend juste ce moment avec impatience.
Personne ne mérite ça, pas même moi, j'aimerai hurler à la terre entière à quel point t'es juste le pire enculé, à quel point t'as réussi à me briser le coeur. J'attend le jour où je pourrais enfin ouvrir les yeux et te regarder comme la personne que tu es vraiment, celle qui a réussi à détruire la fille qu'il était censé aimer.