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La différence entre le fond et la forme, tu sais ce que c'est toi?

La différence entre le fond et la forme, tu sais ce que c'est toi?
Elle rangeait tout, depuis toujours, dans l'immense armoire de ses pensées. Méthodiquement,quotidiennement, chaque souvenir se plaçait dans un tiroir précis et y restait. Il y avait les vieux tiroirs, ceux du fond, ou se relèguent les souvenirs d'enfance, qui sentent la barbe à papa et sonnent aux oreilles comme la mélodie d'une boîte à musique. Il y avait le soleil, les vacances et l'insouciance.Le bruit d'une balançoire dans le vent. Plus haut, c'était la place des années collège. Le vacarme d'une cours de récréation,les bêtises à répétition, qu'on fait sans en avoir vraiment envie. L'odeur de l'encre et du papier, le tableau noir et la craie. Ces souvenirs là, furtifs, fuyant, tapaient de toute leur force contre les parois. Un tout petit peu plus bas, s'installaient les années lycée.Volcaniques, mélodramatiques et explosifs. Il y avait dans ce tiroir les amitiés qui se font et se défont, les fous rires incontrôlables, les cigarettes fumées en cachette, les larmes de crocodile, et puis les larmes, les vraies, aussi; ça sentait la vodka, la pluie, et les baisers volés. Ces souvenirs là étaient entre autres ceux des premières expériences. Mais ils étaient surtout ceux de la prise de conscience. Qu'on allait grandir, et que tout ça, ça s'rait bientôt fini. Et puis, il y avait le tiroir en vrac. Ce n'était pas une poubelle,mais pas non plus une vrai catégorie. C'était le tiroir du je ne sais pas. Comme une sorte de corbeille dans laquelle on jette des papiers froissés, mais qu'on ne vide jamais. Les souvenirs sont les pièces de l'immense puzzle qui forment l'esprit humain. Ils rentrent en nous inoxérablement, et laissent leur trace indélébile. Ils sont nos réactions, nos envies, nos peurs et nos doutes. Ils sont la manière dont on agit. Ils sont ce qui font continuer d'exister quelque chose d'achevé depuis longtemps. Mais parfois, un souvenir dérange. C'est ce bout d'on ne sait quoi qui n'appartient plus au présent, mais qui n'est pas passé non plus. Alors il stagne, perdu quelque part dans les méandres tortueuses de l'esprit, entre l'allée des souvenirs, et la rue de l'actuel. On aimerait l'extirper de là,il occupe trop de place. C'est lui qui assombrit les jours de beau temps et fait sonner faux les rires.

# Posté le vendredi 15 février 2008 15:11

Modifié le mardi 08 avril 2008 16:27

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